À l'image de la Belgique, les bière belges sont variées, ont des personnalités riches, bien marquées, et toutes sont fortes d'une histoire complexe. La Belgique a l'une des cartes de bières les plus riches de la planète. Malgré la variété, quelques catégories caractéristiques se dégagent, permettant de cerner un peu plus précisément le riche paysage que dessinent les bières belges, le partageant en régions aux caractéristiques bien marquées, à côté des blanches, blondes, ambrées, brunes, doubles ou triples.
Les bières trappistes et les bières d'abbaye, tout d'abord, portent en leur nom même, le mythe de la bière belge. Une différence importante existe cependant entre les deux types de bière. La bière d'abbaye est une appellation commerciale tirant son nom d'une abbaye produisant ou ayant produit de la bière. Aujourd'hui, la production est assurée par une entreprise. L'appellation de bière trappiste, par contre, est beaucoup plus stricte. Elle s'applique à une bière produite entièrement dans une abbaye trappiste. Dans un cas comme dans l'autre, il ne s'agit pas d'un type particulier de bière, mais plutôt d'une bière conçue selon des recettes anciennes, garantes d'un goût de tradition.
On trouve également des Pilsner, bières blondes et claires relativement douces. Extrêmement populaires, elles représentent une immense partie du commerce des bières belges. Les Lambics, exclusivement produits aux alentours de Bruxelles (du moins traditionnellement), puisque c'est dans l'air aux alentours de cette ville que se trouvent les levures nécessaires, sont des bières typiquement belges. On les connaît surtout pour les versions aux fruits qu'elles permettent de créer comme les Kriek, mais elles méritent pourtant qu'on prête attention aux versions non aromatisées. Très acides, elles réveillent les sens, et taquinent les papilles d'une manière totalement différente des bières dont on a l'habitude.
Il est impossible de ne pas parler de la Vieille Brune Flamande, créée il y a déjà plus d'un siècle et popularisée par la Queue de charrue. Un brassage particulier et un repos en fûts de chêne permettent d'obtenir une bière à la couleur rouge presque rubis, au goût acide et très typé.
Régulièrement, la Belgique propose au monde entier ses bières de saison, dont la particularité résidait dans des besoins pratiques qui ne trouvaient pas de solutions techniques. Ainsi, parce qu'aucune solution ne permettait de réfrigérer la bière pendant son brassage, celui-ci n'avait lieu qu'en hiver, la chaleur de l'été risquant de donner naissance à de mauvaises levures. Les bières de saison produites après le 29 mars (longtemps dernier jour officiel de brassage) ont donc été, jusqu'à l'invention de solutions de réfrigération, des bières exceptionnelles car rares. De même, à Noël, les brasseurs devaient se débarrassaient de leur récolte pour accueillir la prochaine. Ils produisaient alors de la bière pour écouler les derniers stocks de céréales, et offraient celle-ci, donnant naissance à une tradition qui perdure.
Et parce que la Belgique envisage la bière comme un art de vivre, elle produit de nombreuses bières à faible taux d'alcool, moins de 1,5% en général, prévue pour accompagner les repas. Plus que toutes les bières particulières, la bière de table est certainement celle qui représente le mieux le rapport des Belges à leur boisson préférée, rapport comparable à celui des Français au vin pendant longtemps. Si aujourd'hui les bières de tables perdent un peu de terrain, comme le vin en France, l'amour des Belges pour la bière n'est, lui, pas près de s'éteindre.






